La plupart des féministes s’entendent pour dire que l’image des femmes dans les médias a beaucoup évolué depuis une trentaine d’années. Que ce soit comme journalistes à la télévision ou dans les journaux, comme auteures de téléséries ou animatrices, les femmes sont de plus en plus nombreuses et influentes.
L’image que l’on présente d’elles à travers les films et les téléséries a aussi changé, et pour le mieux. Les téléromans comportent plus que jamais des personnages féminins variés et crédibles. Les héroïnes dans Virginie, Fortier, ou les personnages féminins tout en nuances de Emma et La vie, la vie constituent des modèles positifs et actuels de femmes ou de filles qui maîtrisent leur vie, leurs relations interpersonnelles et leur avenir.
Malgré les progrès observés, il y a toujours du chemin à faire, en quantité comme en qualité.
Côté quantité, les médias sont encore assez loin de refléter la réalité : la population féminine représente 49 % de l’humanité, et pourtant les personnages féminins des émissions pour enfants ne représentent que 32 % des protagonistes, comme le montre une vaste recherche effectuée en 2008 par la docteure Maya Götz du International Central Institute for Youth and Educational Television. Cette étude comptabilise la représentation des sexes dans 19 664 programmes pour enfants de 24 pays différents. L’industrie des médias justifie cette disproportion en arguant que les filles peuvent plus facilement que les garçons s’identifier à des personnages du sexe opposé. Argument spécieux, selon Götz, pour qui le déséquilibre des sexes à la télévision est la cause de la plus grande popularité des personnages masculins, et non pas sa conséquence.
Côté qualité, les médias véhiculent encore trop souvent une image stéréotypée des femmes. L’étude de Götz met en évidence un certain nombre de stéréotypes sexuels qui se retrouvent tout autour du monde ; en général, les filles et les femmes sont animées par un intérêt amoureux, apparaissent comme dépendantes des garçons, et sont stéréotypées selon leur couleur de cheveux –les blondes tombent dans les deux catégories : « gentille et douce » ou « peau de vache » ; les rousses sont des « garçons manqués »-. Elles sont d’une beauté conventionnelle, plus minces que la moyenne des femmes, et sexualisées. Une constatation que fait également le Conseil du statut de la femme du Québec, dans sont rapport Le sexe dans les médias, obstacle aux rapports égalitaires : « Encore aujourd’hui, la télévision diffuse plusieurs émissions qui reproduisent des stéréotypes sexuels. C’est le cas, entre autres, des émissions de téléréalité dont l’immense popularité illustre, aux yeux du Conseil, la prégnance des stéréotypes. De la même façon, la publicité destinée aux filles les confine dans les rôles féminins au cœur de la dynamique des rapports entre les femmes et les hommes. Charmer, plaire, séduire : voilà à quoi se résume le rôle des filles dans la publicité. »
Sous-représentées, les femmes sont donc également mal représentées : l’hypersexualisation des très jeunes filles, notamment à travers la mode et les images publicitaires, est une tendance actuelle d’autant plus inquiétante que ces stéréotypes constituent souvent les rares images que les femmes et les filles ont d’elles-mêmes à travers les médias.
Vous trouverez dans cette section un résumé des débats actuels sur le portrait des femmes et des filles dans les médias, y compris les recherches les plus récentes et des exposés sur les questions les plus pressantes. Un bon point de départ pour explorer de quelle manière les médias limitent ou accentuent l’importance des femmes et des filles dans la société.